Bonjour Lecteur, Lectrice,

Je suis Laurence INK, vous me connaissez peut-être déjà ou vous ne me connaissez pas. Mais si vous arrivez sur cette page, c’est que nous avons quelque chose en partage.

Ce blog est une main tendue, une boite à textes libres, un jardin de philosophie ouvert à toutes les promenades.

Du Grand Nord à Madagascar, de la Côte de Jade à la Provence de Bosco, de livres en livres, de la marche à la méditation, le Monde est un éternel étonnement.

Le Chant des forêts

Être à l’affût, être en silence, être parmi, être...
Au spectacle du Chant des forêts, de Vincent Munier, à l’écoute du claquement de bec du Grand Tetra ou des trilles du Troglodyte mignon, me remontent en mémoire d’autres bruissements de forêts, d’autres grincements d’arbres, les cacardements des bernaches traversant le ciel d’automne québécois.Lire la suite →

Meilleurs voeux 2026

Même lorsque nous n’y serons plus, elle sera toujours là.
Que cette Nouvelle année soit celle de notre changement, pour être digne du monde qui nous entoure.
« Se contenter du monde. Lutter pour qu’il demeure » (Sylvain Tesson, in La panthère des neiges)Lire la suite →

Itinéraires malgaches 4

4 - Le pilote ne nous rejoint qu’à midi. La matinée a été claire, et j’ai vu le soleil poindre dans un creux de montagne. La Gorgona est toujours visible, là-bas, du côté de la mer. Nous avons déjà levé l’ancre, et longeons à bonne distance le navire de guerre, hérissé et massif, un porte-conteneurs qui est destiné aux Caraïbes, et un bateau de croisière. Nous glissons furtivement vers l’entrée de la baie quand la vedette du port vient se coller à notre flanc, et que l’échelle de corde est lancée au pilote qui y grimpe en se dandinant au-dessus des vagues.Lire la suite →

On verra quand on y sera

Méditer pour faire une pause, méditer pour aller mieux.
Les trois images pour aider à la méditation thérapeutique recommandée par le Dr Patricia Roux-Mérot, psychiatre au CH Landerneau.Lire la suite →

Itinéraires malgaches 3

3 - 29 janvier
Dès le petit matin, je vais pousser la lourde porte en fer qui me sépare de la plate-forme arrière. La ligne de l’horizon commence à se teinter de rose, réveillant les couleurs de la mer. Nous glissons entre les Alpes encapuchonnées de neige et la Corse, en route vers l’Italie. Dans le sillage du moteur, l’eau est émeraude.Lire la suite →

Itinéraires malgaches 2

2 - 28 janvier
N'est jamais parti celui qui ne s’est pas promené le long du dock d’un grand port. N'a vraiment voyagé que celui qui, un jour, s'est trouvé là, au pied de la passerelle de coupée, avec son balluchon ou ses cantines, minuscule à coté d'une coque de navire, qu'il soit goélette, paquebot, ou porte-conteneurs.
Un port de commerce est un monde à part. Monstrueux et fascinant. Silhouettes gigantesques des grues, couleurs rouillées, masses balancées des conteneurs à dix mètres au-dessus des têtes, bruits sourds de fer entrechoqué et de chaînes qui coulissent, coques balafrées de rouille où elles régurgitent leurs ancres…Lire la suite →

Itinéraires malgaches 1

Janvier 1999
1- Madagascar. Une île. Les Tropiques. Les végétations luxuriantes, comme dans les livres. Et un peuple dont je ne pouvais rien savoir avant de l’avoir appréhendé au coude à coude, dans la rencontre exigeante avec l’Autre. Dites : « Madagascar ». À quoi pensez-vous ? Quelques images de lémuriens, ces charmantes bêtes, pas vraiment singes, avec leurs yeux langoureux et leurs pattes agiles. Des morts roulés dans des tapis et qu’on transporte en riant, en chantant, dans un concert de battements de tambours et de flûtes dissonantes. Des enfants dans les rues, le nez collé de morve, un t-shirt grisâtre et déchiré flottant autour de leur corps trop maigre, avec leurs mines de biches poursuivis par le chasseur… Pour découvrir, il faut d'abord partir...Lire la suite →

Eloge du rien

"Qu’est-ce que l’homme apporte avec lui en venant au monde ? Rien. Qu’en remporte-t-il quand il sort ? Rien.
Saladin, un des plus grands et des plus vaillants princes qui aient été parmi les Mahométans, et qui possédait les plus beaux États de l’Orient, commanda en mourant qu’on attachât au bout d’une pique un morceau de drap dans lequel il avait été enseveli, et que des hérauts allassent crier par toute la ville : 'Voilà tout ce que le Grand Saladin emporte de toutes ses pompes et de ses immenses richesses'."Lire la suite →

Graines de riz

Départ de Tana – le long du By-pass
Dans la turbulence urbaine du jeune matin, des enfants partent à l’école dans leurs petites blouses d’uniformes. Brunes, rose, vertes... Certains sont seuls, d’autres par petits groupes – le trottoir, s’il y en a un, n’est pas large. Des garçons crânent et s’agitent par sautillement, des filles bavardent avec animation. D’autres sont tenus, tirés, par la main d’un parent, d’un gardien, d’une nénène, à califourchon sur un cadre de bicyclette, coincés entre ventre et dos sur un scooter, juchés sur la rondeur d’un réservoir de moto... Des tous petits, qui trottinent, enveloppés dans leurs blouses comme des bonbons acidulés, derrière le grand pas d’un adulte, ou portés sur le dos, comme celui-là, par une femme en sueur...Lire la suite →

Perspective de générations

Montaigne, Les Essais, Sur la Présomption
(...) j'ai la santé forte et vigoureuse, rarement troublée par les maladies jusqu'à un âge bien avancé. J'étais tel, car je ne me considère plus à l'heure actuelle où je suis engagé dans les avenues de la vieillesse, ayant depuis longtemps franchi les quarante ans :
Ce que je serai dorénavant, ce ne sera plus qu'un demi-être, ce ne sera plus moi. Je m'échappe tous les jours, et je me dérobe à moi.Lire la suite →

La Montagnette

La falaise de la Montagnette domine le village. Des escarpements de roche jaune pâle, se fragilisant parfois en feuilletage plus sombre, plissures d’origami, troués de cavités de carrière parfois investies de maisons troglodytes, des pans muselés par des treillis de fer, ou mitraillés de trous d’insectes, le tout surmonté d’une dense chevelure de pins et d’arbustes au travers desquels grimpe le sentier abrupt. Sur le plateau, mordu par les ravages d’un incendie récent, les formes trapues, tordues des oliviers d’un gris bleuté, alignés jusqu’aux bornes de pierres levées, vigilantes.Lire la suite →

Le parfum du riz

Marcher, trouver son souffle, faire confiance au corps qui répond, oublier quelques heures le temps qui passe, qui vieillit, qui pèse.
Jouir de la fraicheur de la brise des crêtes sur le front, le cou, en sueur.
Dans un large creux de plaine, des rizières fraîchement repiquées se découpent, à la patiente espérance, du vert cru de la première pousse. S’étageant en mosaïques sur les flancs des collines, les carrés de terre grasse, en blocs taillés à l’angady, en attente de l’eau, encore en attente du patient travail des femmes aux dos courbés. Des villages éparpillés miroitent de leurs toits de tôle chapeautant leurs murs d’argile rouge. Plus haut encore, le persistant velours moiré de la savane sèche couvrant les sommets, ponctuée de rares touffes vertes.Lire la suite →