Bonjour Lecteur, Lectrice,
Je suis Laurence INK, vous me connaissez peut-être déjà ou vous ne me connaissez pas. Mais si vous arrivez sur cette page, c’est que nous avons quelque chose en partage.
Ce blog est une main tendue, une boite à textes libres, un jardin de philosophie ouvert à toutes les promenades.
Du Grand Nord à Madagascar, de la Côte de Jade à la Provence de Bosco, de livres en livres, de la marche à la méditation, le Monde est un éternel étonnement.
Itinéraires malgaches Saison 2 – 5
- Archives, Traces
Nous habitons dans une sorte de pension de famille, à Ampandrianomby - Là où paissent les bœufs -, dans un quartier de lisières.
Aujourd’hui, comme les autres jours, la maisonnée s’éveille à six heures. Après l’emballement des cloches des églises voisines, c’est le son claqué des pieds nus des petites bonnes qui dévalent l’escalier de bois. Le jour est clair, encore mouillé de l’orage de la veille ; les collines au loin, entre les frondaisons des arbres, se lissent lentement de vert sombre et de rouge.Lire la suite →
Aujourd’hui, comme les autres jours, la maisonnée s’éveille à six heures. Après l’emballement des cloches des églises voisines, c’est le son claqué des pieds nus des petites bonnes qui dévalent l’escalier de bois. Le jour est clair, encore mouillé de l’orage de la veille ; les collines au loin, entre les frondaisons des arbres, se lissent lentement de vert sombre et de rouge.Lire la suite →
Itinéraires malgaches Saison 2 – 4
- Archives, Traces
Antananarivo, la Ville des Mille, la ville des douze collines.
Sur la carte achetée dès mon arrivée, les lignes droites sont rares, mais le tracé des rues paraît net. Quartiers aux noms imprononçables : Ampandrianomby, Antanananerina, Faravohitra, Ambohimanoro… Quelques repères fiables : la Colline de la Reine, l’Institut Pasteur, l’ancienne gare, le stade de Mahamasina… Et tout au milieu, la forme en disque percé du Lac Anosy.Lire la suite →
Sur la carte achetée dès mon arrivée, les lignes droites sont rares, mais le tracé des rues paraît net. Quartiers aux noms imprononçables : Ampandrianomby, Antanananerina, Faravohitra, Ambohimanoro… Quelques repères fiables : la Colline de la Reine, l’Institut Pasteur, l’ancienne gare, le stade de Mahamasina… Et tout au milieu, la forme en disque percé du Lac Anosy.Lire la suite →
Itinéraires malgaches Saison 2 – 3
- Archives, Traces
La route vers Tananarive est luxueuse. Il faut entendre par là, aux dires des habitués, qu’elle est asphaltée, sans trop de nids-de-poule, et suffisamment fréquentée pour espérer de l’aide en cas de panne. Trois cent cinquante kilomètres de tournants, de montées, de contournements de collines, de paysages qui se métamorphosent avec la montée en altitude.
Le camarade qui nous sert de guide bavarde joyeusement avec le chauffeur. Il a oublié ses terreurs de la nuit, aussi rapidement qu’un enfant sort du sommeil.Lire la suite →
Le camarade qui nous sert de guide bavarde joyeusement avec le chauffeur. Il a oublié ses terreurs de la nuit, aussi rapidement qu’un enfant sort du sommeil.Lire la suite →
Itinéraires malgaches Saison 2 – 2
- Archives, Traces
Dimanche matin
Je vais au travers des rues de la ville chercher des médicaments pour mon ami qui a la fièvre. En pousse-pousse - en courre-tire, faudrait-il dire. Mon « tireur » est jeune, très noir, cheveux bouclés serrés, corps d’athlète. Il me parle tout en marchant, parfois lentement, ou au petit trot, malgré mes protestations de ne pas se presser. Culpabilité qui se raisonne. Ici, les situations ne vont pas de soi. Peut-on ? Doit-on ? Et de quel droit absolu ?Lire la suite →
Je vais au travers des rues de la ville chercher des médicaments pour mon ami qui a la fièvre. En pousse-pousse - en courre-tire, faudrait-il dire. Mon « tireur » est jeune, très noir, cheveux bouclés serrés, corps d’athlète. Il me parle tout en marchant, parfois lentement, ou au petit trot, malgré mes protestations de ne pas se presser. Culpabilité qui se raisonne. Ici, les situations ne vont pas de soi. Peut-on ? Doit-on ? Et de quel droit absolu ?Lire la suite →
Mes lectures 2025 (suite 2)
- Partages Coups de coeur
💙 Marie Gazeau, Une vie près de la terre (First éditions, 2022)
💙 Sylvie Germain, Brèves de solitude (Albin Michel, 2021)
💙 Florence Seyvos, Un perdant magnifique (Éditions de l’Olivier, 2025)
♥️Leonardo Padura, Hérétiques (Points, traduit de l’espagnol – Cuba - par Elena Zayas, 2016)
💙 *Miguel Bonnefoy, Le Rêve du jaguar (v. audio narrée par M. Bonnefoy, Zelda Perez et Bertrand Pazos, 2024)Lire la suite →
💙 Sylvie Germain, Brèves de solitude (Albin Michel, 2021)
💙 Florence Seyvos, Un perdant magnifique (Éditions de l’Olivier, 2025)
♥️Leonardo Padura, Hérétiques (Points, traduit de l’espagnol – Cuba - par Elena Zayas, 2016)
💙 *Miguel Bonnefoy, Le Rêve du jaguar (v. audio narrée par M. Bonnefoy, Zelda Perez et Bertrand Pazos, 2024)Lire la suite →
Les draps ouverts
- Brèves
Si le temps s’arrêtait, / Et nous était donné,
Nous serions les gardiens / Des bonheurs éphémères.
Nous serions l’étincelle / De feux jamais éteints.
Nous n’aurions jamais peur / Au cœur des draps ouverts.Lire la suite →
Nous serions les gardiens / Des bonheurs éphémères.
Nous serions l’étincelle / De feux jamais éteints.
Nous n’aurions jamais peur / Au cœur des draps ouverts.Lire la suite →
L’Empire du sommeil
- Brèves
Dans les rues de Tananarive, le jour, la nuit, des êtres vivent, survivent, se débattent avec des destins intraduisibles. Au bord des bacs d'ordures, agrégeant leurs peurs et leurs désespérances s'enfonçant dans des ténèbres d'humanité où nous ne pouvons pas les suivre. Leurs rêves se dissolvent dans l'alcool, oublient jusqu'aux parfums de fumée des maisons de leur enfance. Des couples se nouent et se dénouent, des gens s'aiment et se haïssent, des enfants naissent pour n'avoir pas d'avenir.Lire la suite →
Itinéraires malgaches Saison 2 – 1
- Archives, Traces
Quitter la Réunion, sa moiteur et ses plages, île minuscule drapée dans ses voies rapides et son drapeau français, traverser un dernier espace de mer étale sur laquelle le Catherine Delmas allégé tangue et saute, et toucher le port à Tamatave, c'est remonter le temps.
Dans la rade, traînent quelques bateaux rouillés, des pirogues d'où des pêcheurs lancent leurs filets. Le pilote nous a fait longtemps attendre, un vieux et petit Malgache renfrogné, tirant sur sa cigarette avec délectation. Dans un anglais zézayant, sans cesser d’ajuster ces lunettes, il nous guide vers la terre, un paysage de plaines littorales butant sur des plateaux plus lointains, perdus dans une brume de chaleur. Sur les quais, les dockers arrivent par petits groupes, à pied, à vélo ou débarquant de vieilles camionnettes, pareils à des badauds venus là au...Lire la suite →
Dans la rade, traînent quelques bateaux rouillés, des pirogues d'où des pêcheurs lancent leurs filets. Le pilote nous a fait longtemps attendre, un vieux et petit Malgache renfrogné, tirant sur sa cigarette avec délectation. Dans un anglais zézayant, sans cesser d’ajuster ces lunettes, il nous guide vers la terre, un paysage de plaines littorales butant sur des plateaux plus lointains, perdus dans une brume de chaleur. Sur les quais, les dockers arrivent par petits groupes, à pied, à vélo ou débarquant de vieilles camionnettes, pareils à des badauds venus là au...Lire la suite →
Nos cerfs-volants
- Brèves
Les tempêtes passeront, reviendront les beaux jours.
Les beaux jours se briseront en de nouveaux orages.
L’arc-en-ciel se dessine dans la pluie. Le soleil viendra dessécher la terre.
Ainsi vont nos humeurs, sous d’imperceptibles brises, ainsi vont nos vies, éphémères.
Demain, nous ne serons plus, comme ceux qui ont rêvé avant nous.
Nos pensées virevoltent, comme cerfs-volants au vent.Lire la suite →
Les beaux jours se briseront en de nouveaux orages.
L’arc-en-ciel se dessine dans la pluie. Le soleil viendra dessécher la terre.
Ainsi vont nos humeurs, sous d’imperceptibles brises, ainsi vont nos vies, éphémères.
Demain, nous ne serons plus, comme ceux qui ont rêvé avant nous.
Nos pensées virevoltent, comme cerfs-volants au vent.Lire la suite →
Itinéraires malgaches 13
- Archives, Traces
13 – 5 :45 am
L’île Sainte-Anne, à l’est, est la première à s’éclairer de soleil. Le ventre des nuages au-dessus de la crête est d’un bleu violet, puis monte en rose, jaune, avant le bleu du ciel lui-même, en exacte réplique de celui de la mer. Plus loin, cela se dilue en clarté, par larges plaques, selon les courants. Au nord, se distingue une autre petite île, puis une plus grande. Le regard s’aiguise et c’est tout une guirlande qui se dessine maintenant en arc de cercle et que je m’amuse à dénommer : Silhouette, Île du nord, Aride, Curieuse, Praslin, Cousin, Félicité, La Digue, Frégate… Au-delà, il y a encore Poivre, Boudeuse, Desroches… Et puis, les atolls de Farquhar, le groupe Aldabra, les Comores... Madagascar …Lire la suite →
L’île Sainte-Anne, à l’est, est la première à s’éclairer de soleil. Le ventre des nuages au-dessus de la crête est d’un bleu violet, puis monte en rose, jaune, avant le bleu du ciel lui-même, en exacte réplique de celui de la mer. Plus loin, cela se dilue en clarté, par larges plaques, selon les courants. Au nord, se distingue une autre petite île, puis une plus grande. Le regard s’aiguise et c’est tout une guirlande qui se dessine maintenant en arc de cercle et que je m’amuse à dénommer : Silhouette, Île du nord, Aride, Curieuse, Praslin, Cousin, Félicité, La Digue, Frégate… Au-delà, il y a encore Poivre, Boudeuse, Desroches… Et puis, les atolls de Farquhar, le groupe Aldabra, les Comores... Madagascar …Lire la suite →
Itinéraires malgaches 12
- Archives, Traces
12- Seychelles.
Il y a dans toute mémoire, à jamais inscrites dans ses replis, des images porteuses d’un bonheur insensé. Pour moi, une silhouette de jeune aulne courbé sous le poids de la neige, se découpant sur l’indigo du ciel ; un Baou escarpé au-dessus d’un cimetière de Haute Provence ; le visage d’un homme aimé, encadré par les pointes relevées de son col de vareuse ; un certain nouveau-né dans les bras de sa mère ; l’espace ouvert d’un lac gelé, encadré de forêt sombre, dans la clarté lunaire d’une nuit glaciale de février ; l’aiguillon du dôme de l’Institut de France dans la lumière dorée d’un automne parisien… Ce sont mes clochers de Martinville. Le Morne de Mahé, ceint de forêt tropicale, en est un.Lire la suite →
Il y a dans toute mémoire, à jamais inscrites dans ses replis, des images porteuses d’un bonheur insensé. Pour moi, une silhouette de jeune aulne courbé sous le poids de la neige, se découpant sur l’indigo du ciel ; un Baou escarpé au-dessus d’un cimetière de Haute Provence ; le visage d’un homme aimé, encadré par les pointes relevées de son col de vareuse ; un certain nouveau-né dans les bras de sa mère ; l’espace ouvert d’un lac gelé, encadré de forêt sombre, dans la clarté lunaire d’une nuit glaciale de février ; l’aiguillon du dôme de l’Institut de France dans la lumière dorée d’un automne parisien… Ce sont mes clochers de Martinville. Le Morne de Mahé, ceint de forêt tropicale, en est un.Lire la suite →
Itinéraires malgaches 11
- Archives, Traces
11 - 8 février :
Nous avons quitté la Mer Rouge, pour rejoindre le Golfe d’Aden. Mer d’un bleu clair et vif que je ne lui avais encore jamais vu.
Au Cap de Raas Caseyr (Guardafui), à la pointe de la Somalie, nous avons espéré des baleines, en vain. La nuit est tombée très vite, avec un soleil d’Afrique écarlate et charnu s’enfonçant à vue d’œil derrière l’horizon, sans même tacher la mer de sang. Un instant, un autre bateau était là, sur la courbe entre mer et ciel, avant de disparaître dans l’obscurité. Au travers de tout cela, un oiseau est passé.
Il n’y a rien à dire. Comme la certitude du dérisoire vient facilement au cœur, parfois…Lire la suite →
Nous avons quitté la Mer Rouge, pour rejoindre le Golfe d’Aden. Mer d’un bleu clair et vif que je ne lui avais encore jamais vu.
Au Cap de Raas Caseyr (Guardafui), à la pointe de la Somalie, nous avons espéré des baleines, en vain. La nuit est tombée très vite, avec un soleil d’Afrique écarlate et charnu s’enfonçant à vue d’œil derrière l’horizon, sans même tacher la mer de sang. Un instant, un autre bateau était là, sur la courbe entre mer et ciel, avant de disparaître dans l’obscurité. Au travers de tout cela, un oiseau est passé.
Il n’y a rien à dire. Comme la certitude du dérisoire vient facilement au cœur, parfois…Lire la suite →